LE LSD

LE LSD
Bon là on rentre dans les états de conscience modifiés un peu plus respectables. LSD. Drogue psychédélique par excellence. Expérience ultime pour certains. Drogue puissante, c'est certain. Souvent proposé sous forme de zolis buvards décorés (Mister Hoffman...) imprégnés, tu peux aussi te le procurer directement en liquide. Saches cependant qu'aujourd'hui, hormis dans de grands rassemblements européens, il est très difficile de trouver du véritable LSD. Tu mettras plutôt la main sur du PCP. Il est moins fort que le LSD et plus dilué mais il est vrai qu'il te donne un peu plus la speed que le LSD. Au début de son intrusion dans le milieu de la drogue, le PCP était d'ailleurs appelé La Coke Allucinogéne.

Ca fait un petit moment que t'as envies de te taper un trip. T'en a parler autours de toi et aujourd'hui c'est le grand jour. Jour de voyage. Des vacances ? Pas vraiment. T'as réussi à te procurer le fameux carton magique. Un appart, soirée tranquille, ambiance cool, esprit clair, musique trippante, pas trop hardcore. Conditions optimales. Le petit bout de buvard représentant une partie de ce drôle de petit bonhomme bêtement perché sur son vélo et blotti dans le creux de ta main. gobera, gobera pas ? et hop...gobé... Attention ! Devenir une acid head demande une initiation. Mais toi t'es trop con, tu veux te mettre ta race est tu l'as avalé en entier. Putain c'est trop. Le quart aurait suffit. Pourtant on t'avait prévenu, la première fois ça surprend......

Le goût se répand sur ta langue et la salive chargée de prod vient titiller ta gencive. Petite pensée inquiète pour tes dents. Tu pars chatter sur msn. Même pas trois quart d'heure que t'as gobé et le trip se rappelle à toi par petits spasmes. Te le sens t'envahir peu à peu. Déjà le clavier n'est plus pareil. Bon début de trip, ça promet. T'es pas trop stressé. Niquel. Ca devrait aller. Tu te mets à lorgner sur la table basse. Celle-ci se dandine bêtement devant toi au rythme de la drum & bass. Ca devient de plus en plus bizarre...mort de rire, mdr, mdr tout seul devant l'écran de ton ordi. Tout s'exagère, les sensations se concrétisent, le son qui te rabache bow bow bow forme des vibrations qui déforment tout ton champ de vision. Putain y'a tout qui se mélange. lesidéeslesimageslessensationsmaisbordelputaingjdsklheuzfhrskj ????FD? ??? ?? ??

T'as perdu la notion du temps. Ca fait une demi heure que t'as la clope en main et tu l'as toujours pas allumé. T'es trop occupé à bloquer sur la table. Bow bow bow. Elle n'arrête pas de tortiller du cul. Elle semble te parler. D'ailleurs l'affiche du film shining accrochée au mur semble s'adresser à toi. Elle t'invite à aller vers la table. Les lettres se déplacent pour reformer un nouveau motif: c'est une main qui t'indique la direction à suivre. Non t'as pas envie. T'es un mec. C'est ELLE qui viendra à toi. Tu vas quand même pas lui faire ce plaisir à cette garce. Tu la siffles. Elle fait semblant de ne pas entendre. TOUTES DES SALOPES !!!! Tu t'élances tel un commando vers elle pour lui foutre un coup de pied au cul. AIIIIIIIIE. On vit de ces trucs j'vous jure....

Bon en gros voilà quoi. Au-delà des hallucinations, le LSD peut également faire germer dans ta tête un joli point d'interrogation qui pourra te mener à des révélations mystiques sur toi même ou sur l'univers. MON DIEU MAIS JE SUIS GAY!!!! Contrairement aux autres drogues je veux bien admettre que le côté expérimental de l'acide est très intéressant, voire très enrichissant, dans le sens ou l'état psychédélique donne une autre vision du monde, comme un artiste qui interprète. On peut y découvrir des choses qu'on n'avait jamais remarquées alors qu'elles étaient sous nos yeux depuis des années.

En cas de bad trip, Il faut bien savoir que le LSD n'est jamais le problème en soi mais souvent un révélateur. L'expérience psychotrope peut te confronter à tes peurs les plus profondes. Ca agit en fonction de ton mental, et, selon ta carte d'identité psychique, absolue ou à l'instant t, ça peut partir en crise de panique voire même en envies suicidaires. Et là t'as beau vouloir que ça s'arrête dans ta tête, c'est pas toi qui choisit. Ca serait trop beau... En gros t'as intérêt à analyser calmement. Pas simple, surtout pour le novice...

Autre chose. Comme ça joue avec ton mental, l'expérience a de fortes chances d'y laisser des empreintes à long terme, voir très long terme. Négatives ou positives, s'entend. A partir de là, tu peux déraper artiste halluciné, ou psychologue rêveur chercheur scientifico-philosophique mangeur de trips. Putain mais c'est pas vrai y'a plus personne qui comprends ce que je dis ?!?. C'est la rançon de la gloire. C'est bien là le problème. Tu peux rester perché. Un exemple concret : Tu va triper sur une meuf, tu vas te faire un méga film et si tu te fais manger par le prod tu va rester croché sur cette impression même cinq jours après ou plus... tu ne sera plus sous l'effet du LSD mais tu auras garder en mémoire ton impression sur cette fille ce qui influencera ton comportement. Bon là j'ai pris l'exemple d'une meuf, mais ça arrive, sur une idée, un lieu ou un projet de vie... enfin tous les domaines que tu vas visiter pendant ta montée LSD.

En fait, bouffer des psychotropes pour le fun, c'est un peu comme aller au cinoche sans savoir ce que va être le film. Avec le LSD, le mental détermine un peu le panel des films probables. Imagine. Tu te poses au cinoche, tu assistes au pire film d'horreur que t'aies jamais vu et tu ne peux pas te barrer de la salle. D'accord, d'accord, le film va se terminer à un moment, mais... tu flippes encore, même quand le film est fini et pourquoi, parce que le film n'est pas fini en fait. T'as peur que tout cela soit vrai. Si tu te dis que ça ne l'est pas, tu ne le crois même pas. Tu te dis donc que c'est vrai alors t'en parles à tes potes. T'as tellement été choqué par ce film d'horreur que tu fous la pétoche à tes potes rien qu'en leur racontant l'histoire. Très vite, ils s'éloignent de toi parce que ton film, ils n'y croient pas et qu'ils résument ta situation à celle d'un gars "resté croché". Bon, te voilà sans potes. Merde. T'en parles alors à tes parents parce que tu flippes encore à cause de ton film d'horreur et parce que t'as plus de potes. Ils écoutent ça et ... même scénario. Seulement la différence, c'est qu'ils appellent un psy. Ils ne sont pas chamanes... Le contexte familial s'écroule autour de toi. Tu te retrouves tout seul avec ton film auquel tu ne comprends plus rien et tu finis par accepter les neuroleptiques que te donne le psy. C'est hard pour le coeur. Camisole chimique ça s'appelle. Le temps que tu sois à nouveau "bien" voir "normal", il se sera passé un ans, peut-être plus. T'auras planté tes études, fais fuir les nanas, pris éventuellement d'autres trucs qui n'auront pas arrangés l'affaire. Mourir sans vraiment mourir. Brrrrrrr...

Sid Barret est mort : vive Sid Barret

# Posté le samedi 31 mars 2007 07:42

Modifié le dimanche 01 avril 2007 13:31